Des collégiens et des lycéens devant la mairie de Saint-Paul
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Les adjoints de la députée-maire Huguette Bello, en partant de la gauche, Pierre Thiébaut (1e) et Jean Erpeldinger (4e), raccompagnent les délégués des enseignants qu’ils
ont reçus au jardin de la mairie où sont regroupés des élèves et des enseignants qui manifestent.
Le débat actuel sur l’école est passionnant, et il le
sera toujours. Heureusement ! Former des femmes et des hommes de demain pour qu’ils prennent une place en toute responsabilité dans la société, une société qui évolue sans cesse dans un
monde rapetissé par les moyens modernes de communication, est la priorité des priorités, quelles que soient les difficultés que le pays peut traverser. Les citoyens doivent donc se mobiliser pour que le budget de l’Education nationale redevienne et reste le premier des budgets de
l’Etat.
Quand on sait que le développement de la société démocratique exige que personne ne soit laissé sur
le bord du chemin, chacun comprend encore mieux pourquoi les collégiens et les lycéens sont dans la rue dans les plus grandes villes de la France hexagonale, et aussi à la Réunion. Tous ces
jeunes qui manifestent veulent dire à haute voix au gouvernement qu’ils n’acceptent pas la suppression prévue de milliers de postes dans les collèges et les lycées. Et pour reprendre un slogan
d’une de leurs organisations : « Réformes sarkozistes égale jeunesse qui résiste ».
Pour défendre ce service
public d’éducation, la députée-maire Huguette Bello est intervenue à l’Assemblée nationale mardi 29 avril 08 à la
séance des questions au gouvernement, en interpellant directement Xavier Darcos, le ministre de l’Education nationale :
- D’abord, pour un constat d’ensemble sur la situation : « Diviser le nombre d’élèves par le nombre d’enseignants est sans doute commode, mais ce ratio ne dit rien des
disciplines enseignées et ignore les disparités entre les territoires. »
- Ensuite, sur la situation propre à la Réunion : « À la rentrée prochaine, 73 postes au moins seront supprimés dans l’académie de la Réunion, qui connaît les taux d’encadrement les plus faibles de la
République » […] « Les collégiens et les lycéens de la Réunion peuvent-ils subir sans
préjudice la suppression de 25 postes en lettres et de 15 postes en sport, alors que le recours aux contractuels est déjà démesuré ? »
- Enfin, pour porter un jugement plus large :
« La jeunesse refuse les querelles de chiffres, tout comme elle rejette une vision utilitariste de
l’enseignement de l’éducation. Elle souhaite une formation qui débouche sur un emploi. Mais elle aspire aussi à un enseignement qui lui permette de penser et de comprendre le
monde. »
Dans sa réponse, Xavier Darcos, le
ministre de l’Education nationale, s’est accroché à la prise en considération du rapport élèves professeurs, une moyenne de 11,9 élèves par professeur, a-t-il lancé à la
députée-maire. Un argument qui selon lui « place la France parmi les pays ayant le meilleur taux
d’encadrement », devait-il dire.
Le ministre ne veut donc pas comprendre que s’appuyer sur moyenne d’encadrement, et plus encore pour
la Réunion, c’est fermer les yeux sur l’effort nécessaire dans certaines disciplines et sur les moyens à déployer pour faire face à l’hétérogénéité de l’ensemble des
élèves.
Il est vrai qu’il appartient aussi aux enseignants, qui sont dans une très grande majorité soucieux
de la qualité leur travail, de mieux communiquer sur une réalité : une heure dans le cadre d’un service normal attaché à un poste vaut bien plus en
qualité d’utilisation qu’une heure dans un quota d’heures supplémentaires qui s’ajoute forcément à un service complet. La lutte contre la suppression des postes passe donc aussi par le refus des
heures supplémentaires. Si le ministre veut toujours défendre un service public d’éducation dans un pays comme la France, et c’est sa culture !, il se retrouvera dans l’obligation d’en
créer pour aider le plus tôt possible les élèves en difficulté, et, de façon plus globale, pour tirer les régions en dessous des moyennes nationales dans bien des domaines
justement.
C’est le secteur public d’État qui est le meilleur garant de l’égalité des territoires en ce qui
concerne l’éducation. D’autant que les collectivités locales (Régions, Département et communes) sont elles aussi prêtes à apporter une aide pour faciliter la réussite du plus grand nombre.
La députée-maire Huguette Bello s’est engagée dans ce sens dans son projet pour la commune de Saint-Paul :
« Informatiser les écoles, sans négliger les équipements qui incitent à la lecture ; permettre
l’organisation d’études surveillées après les cours – et faire appel à des étudiants rémunérés pour cette tâche, etc. »
Ce qui explique aussi que la délégation reçue à la mairie
de Saint-Paul mardi 29 avril 2 008, pendant que des élèves et des enseignants de divers établissements de la région ouest attendaient dans le jardin, ait trouvé auprès des élus municipaux
également préoccupés par la situation des encouragements à lutter pour que le ministre Xavier Darcos revienne sur ces suppressions de
postes.