Promouvoir la ruralité
Photo :
Guito Crescence, en conférence de presse avant les municipales.
Guito Crescence, élu socialiste de la majorité au conseil municipal de Saint-Paul, 11e vice-président du TCO (Territoire de la Côte
Ouest), a interpellé le jour même de son élection Jean-Yves Langenier, le Président de cette structure intercommunale, sur la ruralité. Son but était de réveiller la responsabilité des élus de
cette communauté d’agglomération dont le territoire va de la Possession à Saint-Leu quant à la nécessaire revalorisation de la ruralité tant du point du
vue des moyens financiers à mettre en jeu sur les hauts de l’ouest que de la méthode à utiliser pour construire et dynamiser un projet.
À la Réunion, et encore
plus dans l’Ouest, la ruralité n’est pas un concept en déclin. Aujourd’hui, l’espace rural est recherché, parce qu’il offre des terrains à des prix abordables ; tout le monde veut habiter
dans les Hauts, pour jouir d’un meilleur cadre de vie et être au plus près de la nature dans toute sa diversité : des jeunes ménages qui s’installent ; des cadres des PME et des
services qui y trouvent parfois des emplois ; des retraités qui fuient les agglomérations urbaines ; des animateurs qui veulent développer le secteur du tourisme, des familles en
difficulté qui aspirent à trouver un logement social, etc. Sans compter, bien entendu, que l’on assiste à une lente diversification dans le monde agricole proprement dit. Et sans qu’il y ait
uniformité ! Guito Crescence le dit bien : « Les habitants de ces quartiers des hauts ont un mode de vie différent » ; ajoutant même : « les habitudes dans ces lieux de vie diffèrent de celles des zones du littoral ». Si un effort n’est
pas fait pour comprendre la diversité de cette ruralité, il sera difficile de développer vraiment ces Hauts de l’Ouest.
C’est dire qu’il y a des situations rurales différentes.
Dans l’ensemble, de gros retards sont enregistrés dans le développement des quartiers, et même si un effort a été fait ces dernières années pour certains équipements, « on y retrouve tous les problèmes de l’équité, parce qu’ils n’y sont pas préparés ».
La première préoccupation
est de penser sérieusement à un aménagement concerté du territoire, une compétence que les 5 communes de la microrégion ont confiée au TCO ; d’où l’intervention de l’élu socialiste de
Saint-Paul sur la méthode pour valoriser l’image de la ruralité dans l’ouest : « Il ne faut pas que les
administratifs soient les seuls à s’emparer des actions à entreprendre, ils doivent venir en soutien ». Et de préciser : "les
décisions à venir doivent être prises en concertation avec les habitants de chaque coin".
En effet, qui peut mieux que l’élu veiller à ce que l’on
aille vraiment à l’égalité en matière de transports, d’éducation, de santé, de formation permanente des agriculteurs, de construction de logements à prix modérés, d’installation des jeunes, de
progression dans l’économie solidaire, de partage des actions culturels et d’utilisation de plus en plus large des outils de développement durable ? Qui peut mieux que l’élu pousser les
acteurs ruraux à aller plus loin dans l’agritourisme, en passant au départ par une aide à la création de services liés à l’hébergement, à la restauration et aux activités de loisirs ? Cela
dit, pour que les projets permettent de mieux prendre en compte les spécificités de chaque territoire et de répondre aux préoccupations pragmatiques des
habitants, l’idée qui fait son chemin est de faire travailler tous les acteurs dans une structure (un GAL, dans les hauts de l’ouest, Groupe d’action local) : élus (communes et TCO),
associations, chambres consulaires, partenaires techniques, et de préparer des actions qui soient susceptibles de trouver des financements conséquents, au FEADER (Fonds européens agricoles)
notamment.
Il n’y a pas de doute pour Guito
Crescence, déjà acteur dans plusieurs de ces activités du monde rural, « qu’il y a un travail de
contacts larges et enrichissants à faire, pour partager au mieux les responsabilités ; et l’élu socialiste pense avant tout à « une bonne mobilisation de tous les élus ruraux, qui sont mieux placés pour appréhender ces réalités ».
Aucun commentaire pour cet article