Photo : Le siège du Tco au Port, un bâtiment qui fut construit pour abriter le premier syndicat intercommunal à la Réunion, celui des communes communistes.
Jean-Yves Langenier, maire et conseiller général du Port, vient d’être élu à la présidence du Tco, la communauté d’agglomération qui va de la Possession à Saint-Leu. Une élection qui entre dans le cadre de la continuité de la campagne des municipales et de la finalisation des projets, les communes cèdent en effet une part de leurs compétences à la structure intercommunale.
Le maire du Port, c’est paraît-il le choix d’un partage des tâches dans un parti ; sans doute s’agissait-il plus de trouver entre des élus un équilibre en postes, et donc en indemnités à percevoir, et de veiller à ce qu’il n’y ait pas une personnalité qui prenne trop d’importance et acquière trop de marges de liberté sur ce grand territoire. Les régionales de 2 010 sont déjà dans toutes les têtes. Beaucoup s’accordent à dire que cette personnalité ne pouvait être qu’Huguette Bello.
Une gestion consensuelle entre les maires concernés est une approche a minima de l’intérêt communautaire. En rester à une simple entente sur des intérêts liés plus aux personnes qu’à une dynamique à partir d’un projet commun, c’est laisser la place à une gestion administrative qui ne va généralement pas bien loin, quelles que soient les compétences des fonctionnaires en place. Une présidence tournante n’est intéressante qu’à partir du moment où une impulsion forte est donnée et que les actions entreprises sur le moyen et le long terme, particulièrement dans les compétences de base, entrent dans un bon rythme d’exécution. Pour qu’on ne reste pas à chaque fois au simple partage du « gâteau », mais que l’on s’ouvre à l’intelligence et au courage politiques.
Huguette Bello, maire d’une grande commune disposant de potentiels économiques et touristiques sous-exploités, sur son littoral et sur ses hauts, et en plein développement démographique, était mieux placée que son collègue du Port, fût-il un grand gestionnaire dans sa ville, pour rehausser le niveau de cet intérêt communautaire. L’argument de la contribution importante du Port au budget ne peut pas être déterminant, justement parce que ici il est question avant tout d’intérêt commun et de solidarité. Qui pouvait mieux qu’elle sentir à partir d’un vécu des gens tellement différencié sur toute la commune la nécessité d’aller vers un développement équilibré des quartiers ?
Incontestablement, elle était la mieux placée pour impulser, conduire, évaluer, relancer et passer plus tard le flambeau à un autre maire. Pour établir un ordre dans l’enchaînement des politiques : partir de Saint-Paul, de l’ouest, pour arriver aux liens indispensables avec le Département et la Région. Dans l’autre sens ce serait rabaisser la gouvernance territoriale. Pour réussir, la maire de Saint-Paul ne peut pas se permettre de ne pas peser, publiquement et en toute transparence, sur les grands arbitrages qui se font dans l’ouest.
Mais elle a préféré se limiter ; tout porte à croire que ce n’était pas uniquement pour ne pas se faire de la peine entre élus d’un même parti. Avec tous les outils, et dans les meilleures conditions, toutes les composantes de sa majorité municipale étaient conscientes dès le départ de l’énorme travail à accomplir pour changer Saint-Paul. Après cette décision la tâche s’avère un peu plus ardue. Il lui revient maintenant de montrer que l’efficacité s’enracine sur la sagesse.