Photo : Route des Tamarins : Le pont de la ravine de « Trois-Bassins », et avant ce pont, sur la gauche de la photo, la zone autour de l’échangeur de « Barrage ».
La conseillère de l’opposition voulait frapper un grand coup lors de la première séance du nouveau conseil, le débat d’orientation budgétaire pour 2 008 (Voir la page précédente). Sans doute pour tendre un peu plus la corde de ses relations avec Huguette Bello, aujourd’hui maire de la commune – ce n’est un secret pour personne que ces deux femmes du PCR ne s’entendaient guère depuis pas mal de temps. Sans doute voulait-elle par son intervention très critique faire mentir ceux qui affirmaient que sa venue à Saint-Paul sur la liste d’Alain Bénard n’était qu’un coup de main, le temps d’une élection, à un homme de droite avec qui Paul Verges, le président communiste de la Région, entendait continuer sa collaboration sur pas mal de dossiers d’aménagement dans l’ouest. Sans compter que vraisemblablement le vieux chef communiste voulait en même temps s’offrir un petit plaisir : glisser une peau de banane sous les pieds de celle qui a refusé de se cantonner totalement à l’analyse politique classique du PCR. Mais la prévision électorale est loin d’être une science exacte, fût-elle concoctée par des grands chefs.
C’est elle qui a lancé lors de cette séance la première vraie offensive contre les orientations budgétaires d’Huguette Bello, comme si elle avait en face d’elle une adversaire qui avait déjà appliqué sa politique et qu’arrivait alors le temps d’un premier bilan, ce qui n’est pas du tout le cas. Mais le plus intéressant, c’est qu’elle a mis sur la table une information qui mérite attention. S’adressant à la nouvelle maire de Saint-Paul : vous ne proposez rien pour l’emploi ; vous parlez de zones d’activité qui seront mises en place autour de la route des Tamarins, mais c’est au mieux pour 2 009 ; et encore : en ce qui concerne les échangeurs, le Conseil général n’a rien prévu. Tout cela pour dire que cette attente des retombées pour l’emploi à l’ouverture de la route des Tamarins est illusoire à moyen terme et n’avait pas à être prise en compte dans ces orientations. La population sera déçue, devait-elle dire encore. C’était se situer dans une perspective mais en se focalisant volontairement sur les difficultés.
Aucun élu de la majorité municipale n’avait jugé utile de contrer Jocelyne Lauret sur ce point, tout au moins de lui demander des explications concernant cette critique à propos de cette bataille pour l’emploi. La conseillère régionale qu’elle est aussi (la Région est maître d’œuvre et d’ouvrage sur la route des Tamarins) arrivait-elle avec des informations concernant l’indifférence du Conseil général et une absence plus ou moins cachées quant aux programmations de routes départementales afférentes (à construire ou à améliorer) aux échangeurs sur le territoire de la commune de Saint-Paul ? De toute façon, chacun sait que ce n’est pas d’un coup de baguette magique que l’on fera surgir de terre les aménagements des pôles d’échanges pour desservir les agglomérations de « Barrage » en dessous à la Saline ou de l’Epéron au-dessus de Saint-Gilles les Bains où justement sont prévues des zones d’activité.
Dans son intervention l’élu de l’opposition a aussi défendu le bilan d’Alain Bénard pour mieux reprocher à Huguette Bello de ne s’en tenir, à ses yeux, qu’aux projets déjà lancés par l’équipe du maire sortant. Mais alors, elle devrait le faire plus globalement. En effet, les cinq conseillers généraux de Saint-Paul sont de l’équipe de la droite, et si imprévoyances du côté du Conseil général il y a eues quant aux routes, ces élus-là en sont pour une grande part responsables, les zones d’activité étant dans les programmes de tous les camps. La critique de Jocelyne Lauret visait donc aussi Gilbert Mardénalom et Cyrille Melchior, deux conseillers généraux et municipaux de l’opposition présents lors de cette séance.
L’imprévoyance et l’opacité répandues par la droite saint-pauloise en matière d’aménagement sont bien connues, on peut se rapporter par exemple à l’historique de la voie cannière sur les terres à cannes irriguées de l’Antenne IV au-dessus de l’Hermitage les bains. Sans entrer dans l’imbroglio quant au statut de cette route, la commune de Saint-Paul avait demandé et obtenu du Conseil général la gestion de cette voie pour la transformer en route de pleine circulation, de façon à mieux desservir les agglomérations de hauts environnantes. Cette demande a été faite pendant une campagne sur le 4e canton avec défilés de voitures, mais la commune a rendu cette gestion à la collectivité départementale après que le conseiller général élu eut été élu et sans qu’elle ne se crût obligée de donner des informations complètes à la population. Et depuis on n’a plus entendu parler d’une meilleure desserte de ces agglomérations, et encore moins de l’avancement des aménagements de l’échangeur de l’Eperon. Et on n’a pas vu non plus un projet de PLU où est affirmée de façon claire une protection forte de ces terres rendues fertiles grâce au projet d’irrigation de l’ouest. Tout semble être en suspend.
Il aurait été intéressant pour la clarification du débat de demander à Jocelyne Lauret si son soutien à Alain Bénard couvre aussi ces questions-là. De toute façon la conclusion est évidente : ce n’était pas sur le fond qu’elle aurait dû se placer si elle voulait donner une leçon à Huguette Bello, étant donné son récent re-positionnement politique à Saint-Paul. C’est au fil des conseils, pendant les années du mandat de la nouvelle maire que les Saint-Paulois verront si Jocelyne Lauret est décidée vraiment à s’investir sur le terrain de cette commune.
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