Cambaie : Un défi à l’autorité
politique

Tout près de la zone d’Oméga, à Cambaie, des parcelles ont
été aménagées sur des terrains non constructibles, et sous louées à des entreprises, selon le journal « Le Quotidien » du 20 juin 08. En
violation des règles d’urbanisme et d’aménagement du territoire. Toujours selon le même journal, l’aménageur affirme avoir un bail de location et par conséquent être dans son droit de
clôturer et d’équiper le terrain en question ; une position derrière laquelle les entrepreneurs concernés se sont abrités pour installer leurs activités ; l’un d’entre eux ne cache pas
y être présent depuis un an.
Quelles ont été les réactions des autorités ? La DDE a fait un constat en avril, et, comme les
travaux un moment interrompus ont repris, un procès-verbal a été dressé, et la mairie de Saint-Paul a signé le 9 juin 08 – et fait apposer sur place – un
arrêté de cessation des travaux.
Dans cette affaire, se posent bien sûr des questions quant à l’intervention du précédent pouvoir
municipal, et à la réactivité de la DDE devant une telle situation ; les réponses seront sans doute apportées par la députée-maire Huguette Bello.
Mais la question politique
essentielle se rapporte à ce que les décideurs politiques doivent faire dans cette espace de Cambaie pour répondre aux
besoins :
- Des entreprises qui n’ont pas
suffisamment de fonciers à leur disposition ;
- Des
familles qui sont dans l’attente de logements et d’activités d’éducation et de loisirs ;
- Des différentes collectivités pour les équipements publics, etc.
Et aux priorités quant aux
investissements publics, de différents niveaux, qui y seront consacrés.
Mais dans une cohérence globale, et en évitant surtout de ne
pas commettre la faute politique de s’acclimater à des processus de régularisations des coups de force, des manœuvres de la part de ceux qui ne se soucient guère du bien-être commun.
Autrement dit, tout est dans les schémas d’aménagement à arrêter, après avoir communiqué à la population tous les éléments du débat.
Cambaie, dans sa
destination future, n’appartient pas qu’aux propriétaires publics et privés ; c’est un capital de Saint-Paul et même de la Réunion. C’est un exemple que les élus de la nouvelle majorité de
la commune de Saint-Paul devraient donner pour monter que l’aménagement du territoire n’est pas la chose d’une petite minorité technocratique et/ou
d’argent. Rien ne doit se faire dans le secret des cabinets.
La députée-maire Huguette
Bello a parfaitement répondu dans un premier temps à ce défi lancé au droit et à l’autorité politique ; il lui faudra dans un second
temps reprendre l’élaboration du PLU de la commune, en définissant une méthode de participation des citoyens, et en anticipant sur son insertion dans d’autres documents d’aménagement en retard voire mal-en-point pour que rien ne vienne mettre à terre une construction logique
et porteuse d’avenir des objectifs de Saint-Paul.