Lundi 19 mai 2008

 

La Grotte des Premiers Français

 Photo: Sous la falaise, au fond, la Grotte des Premiers Français.

            La Grotte des Premiers Français n’est pas prête de quitter l’actualité à la Réunion. Elle y est toujours présente depuis pas mal d’années, de plain-pied. Un rappel des principaux événements qui ont alimenté le débat autour de l’importance de ce site historique s’impose, avant que l’on fasse des propositions, compte tenu de la mission de la Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise et de la volonté de la nouvelle municipalité de Saint-Paul de protéger et de promouvoir le patrimoine culturelle de la commune :

- En 1 965, la mairie de Saint-Paul, en collaboration avec les services de la Préfecture et du Conseil général, célèbre le tricentenaire du peuplement de l’île en prenant comme point de départ officiel l’arrivée sur l’île, en 1 665, d’Etienne Regnault et de ses compagnons. La caverne sous la falaise en face de l’actuel Cimetière marin de Saint-Paul est alors baptisée « Grotte des premiers Français ».

- La base historique de cette célébration est tout de suite contestée, certains commentateurs y voient même « un tripatouillage de l’histoire » ; en fait, les deux principaux camps politiques du moment, les départementalistes et les autonomistes, se renvoient la balle en soupçonnant l’adversaire d’essayer de plier la réalité à sa stratégie politique. Mais il y a des faits historiques confirmés : les premiers à avoir habité l’île sont 10 malgaches (7 hommes et 3 femmes), Louis Payen et son compagnon ; ils y ont été exilés après s’être révoltés à Fort-Dauphin, à Madagascar. Ces faits ont été depuis reconnus officiellement par tout le monde. En revanche, il n’est pas sûr que ces 12 exilés se soient installés durablement dans la caverne qui a porté leur nom. Selon le témoignage d’un agent de la Compagnie des Indes, leur case était « bâtie à la chute d’une belle fontaine qui tombe en nappe d’eau ... », tout à côté.

- Le débat n’est pas clos quant aux lieux d’habitation des premiers « zabitans ». Des passionnés de l’histoire locale penchent plutôt pour la Tour des roches comme premier lieu d’implantation véritable, un endroit au-dessus de la zone marécageuse sans aucun doute plus confortable que la zone de la caverne où régnait une grande humidité. Des vestiges ont déjà été mis à jour au-dessus de l’Etang de Saint-Paul, ce qui ne veut pas dire pour autant que dans les tout premiers temps la grotte n’ait pas servi d’habitat aux premiers arrivants. Et dans ce cas, l’appellation Grotte des Premiers Français n’est pas gênante : il y a bien eu 2 Français, et les femmes malgaches (ces exilés malgaches n’étaient pas des esclaves) ont peut-être épousé des Français et par conséquent sont elles-mêmes devenues françaises par le droit en vigueur du temps de la Compagnie des Indes ainsi que leurs descendants. Mais ce sont encore des points, comme le marronnage des domestiques malgaches de ces premiers français, qui doivent être mieux cernés historiquement pour dépasser les arrière-pensées politiques, pour peu qu’elles reviennent encore en surface selon les vagues de l’actualité.

- Cette grotte a peut-être été un cimetière d’esclaves ; Selon un plan de la ville de Saint-Paul daté de 1 806 (un document conservé aux archives de l’IGN d’Aix-en-Provence), il y aurait une caverne servant de cimetière pour les Noirs en bordure de la Ravine du Bernica, mais on en a rien trouvé. Où donc ont été enterrés les esclaves, plus de 50 000 jusqu’en 1 848 à Saint-Paul ?

            Sur toutes ces questions, l’intérêt de la Réunion est de faire avancer la connaissance historique, en faisant la part entre les certitudes et les imprécisions, sans qu’il faille renoncer à mieux éclairer ces dernières. Et de le faire au grand jour, dans un esprit permanent de recherche de la vérité historique et en développant toute une pédagogie dans la communication en direction la population.

            Aujourd’hui les conditions sont peut-être réunies pour parfaire dans ce sens la construction d’une mémoire collective avec les deux concours suivants :

- La Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise dont l’implantation est prévue sur la partie basse de Plateau-Caillou, justement au-dessus de la falaise de la Grotte des Premiers Français, est tout indiquée pour lancer toutes les recherches afin de ne rien laisser dans le flou, autant que faire se peut.

- La nouvelle municipalité de Saint-Paul est déterminée à arrêter la dégradation du patrimoine historique de la commune ; elle entend rouvrir ce site au public – les bassins des Cormorans aussi –, en entreprenant des travaux de sécurisation, comme l’a demandé Gérald Incana dans une interview à « Témoignages » lors de la campagne des municipales. La députée-maire Huguette Bello doit être la garante auprès de la population saint-pauloise d’une campagne de fouilles (objectifs, financements, calendrier, communication et débat grand public) pour que l’on tranche, entre autres, la question de la présence d’un cimetière d’esclaves en ce lieu, et en veillant particulièrement à ce que toutes les opérations entreprises soient conduites par des experts de tous ordres aux connaissances et aux méthodes reconnues.

par Aimé LEBON
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Jeudi 1 mai 2008

 

Des collégiens et des lycéens devant la mairie de Saint-Paul

 

Photo :
Les adjoints de la députée-maire Huguette Bello, en partant de la gauche, Pierre Thiébaut (1e) et Jean Erpeldinger (4e), raccompagnent les délégués des enseignants qu’ils ont reçus au jardin de la mairie où sont regroupés des élèves et des enseignants qui manifestent.

    Le débat actuel sur l’école est passionnant, et il le sera toujours. Heureusement ! Former des femmes et des hommes de demain pour qu’ils prennent une place en toute responsabilité dans la société, une société qui évolue sans cesse dans un monde rapetissé par les moyens modernes de communication, est la priorité des priorités, quelles que soient les difficultés que le pays peut traverser. Les citoyens doivent donc se mobiliser pour que le budget de l’Education nationale redevienne et reste le premier des budgets de l’Etat
            Quand on sait que le développement de la société démocratique exige que personne ne soit laissé sur le bord du chemin, chacun comprend encore mieux pourquoi les collégiens et les lycéens sont dans la rue dans les plus grandes villes de la France hexagonale, et aussi à la Réunion. Tous ces jeunes qui manifestent veulent dire à haute voix au gouvernement qu’ils n’acceptent pas la suppression prévue de milliers de postes dans les collèges et les lycées. Et pour reprendre un slogan d’une de leurs organisations : « Réformes sarkozistes égale jeunesse qui résiste ».
            Pour défendre ce service public d’éducation, la députée-maire Huguette Bello est intervenue à l’Assemblée nationale mardi 29 avril 08 à la séance des questions au gouvernement, en interpellant directement Xavier Darcos, le ministre de l’Education nationale :
- D’abord, pour un constat d’ensemble sur la situation : « Diviser le nombre d’élèves par le nombre d’enseignants est sans doute commode, mais ce ratio ne dit rien des disciplines enseignées et ignore les disparités entre les territoires. »
- Ensuite, sur la situation propre à la Réunion : « À la rentrée prochaine, 73 postes au moins seront supprimés dans l’académie de la Réunion, qui connaît les taux d’encadrement les plus faibles de la République » […] « Les collégiens et les lycéens de la Réunion peuvent-ils subir sans préjudice la suppression de 25 postes en lettres et de 15 postes en sport, alors que le recours aux contractuels est déjà démesuré ? »
- Enfin, pour porter un jugement plus large : « La jeunesse refuse les querelles de chiffres, tout comme elle rejette une vision utilitariste de l’enseignement de l’éducation. Elle souhaite une formation qui débouche sur un emploi. Mais elle aspire aussi à un enseignement qui lui permette de penser et de comprendre le monde. »
            Dans sa réponse, Xavier Darcos, le ministre de l’Education nationale, s’est accroché à la prise en considération du rapport élèves professeurs, une moyenne de 11,9 élèves par professeur, a-t-il lancé à la députée-maire. Un argument qui selon lui « place la France parmi les pays ayant le meilleur taux d’encadrement », devait-il dire.
            Le ministre ne veut donc pas comprendre que s’appuyer sur moyenne d’encadrement, et plus encore pour la Réunion, c’est fermer les yeux sur l’effort nécessaire dans certaines disciplines et sur les moyens à déployer pour faire face à l’hétérogénéité de l’ensemble des élèves. 
            Il est vrai qu’il appartient aussi aux enseignants, qui sont dans une très grande majorité soucieux de la qualité leur travail, de mieux communiquer sur une réalité : une heure dans le cadre d’un service normal attaché à un poste vaut bien plus en qualité d’utilisation qu’une heure dans un quota d’heures supplémentaires qui s’ajoute forcément à un service complet. La lutte contre la suppression des postes passe donc aussi par le refus des heures supplémentaires. Si le ministre veut toujours défendre un service public d’éducation dans un pays comme la France, et c’est sa culture !, il se retrouvera dans l’obligation d’en créer pour aider le plus tôt possible les élèves en difficulté, et, de façon plus globale, pour tirer les régions en dessous des moyennes nationales dans bien des domaines justement.
            C’est le secteur public d’État qui est le meilleur garant de l’égalité des territoires en ce qui concerne l’éducation. D’autant que les collectivités locales (Régions, Département et communes) sont elles aussi prêtes à apporter une aide pour faciliter la réussite du plus grand nombre. La députée-maire Huguette Bello s’est engagée dans ce sens dans son projet pour la commune de Saint-Paul : « Informatiser les écoles, sans négliger les équipements qui incitent à la lecture ; permettre l’organisation d’études surveillées après les cours – et faire appel à des étudiants rémunérés pour cette tâche, etc. »
            Ce qui explique aussi que la délégation reçue à la mairie de Saint-Paul mardi 29 avril 2 008, pendant que des élèves et des enseignants de divers établissements de la région ouest attendaient dans le jardin, ait trouvé auprès des élus municipaux également préoccupés par la situation des encouragements à lutter pour que le ministre Xavier Darcos revienne sur ces suppressions de postes.

par Aimé LEBON
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Jeudi 24 avril 2008

 
Promouvoir la ruralité

 

Photo : Guito Crescence, en conférence de presse avant les municipales.

            Guito Crescence, élu socialiste de la majorité au conseil municipal de Saint-Paul, 11e vice-président du TCO (Territoire de la Côte Ouest), a interpellé le jour même de son élection Jean-Yves Langenier, le Président de cette structure intercommunale, sur la ruralité. Son but était de réveiller la responsabilité des élus de cette communauté d’agglomération dont le territoire va de la Possession à Saint-Leu quant à la nécessaire revalorisation de la ruralité tant du point du vue des moyens financiers à mettre en jeu sur les hauts de l’ouest que de la méthode à utiliser pour construire et dynamiser un projet.
            À la Réunion, et encore plus dans l’Ouest, la ruralité n’est pas un concept en déclin. Aujourd’hui, l’espace rural est recherché, parce qu’il offre des terrains à des prix abordables ; tout le monde veut habiter dans les Hauts, pour jouir d’un meilleur cadre de vie et être au plus près de la nature dans toute sa diversité : des jeunes ménages qui s’installent ; des cadres des PME et des services qui y trouvent parfois des emplois ; des retraités qui fuient les agglomérations urbaines ; des animateurs qui veulent développer le secteur du tourisme, des familles en difficulté qui aspirent à trouver un logement social, etc. Sans compter, bien entendu, que l’on assiste à une lente diversification dans le monde agricole proprement dit. Et sans qu’il y ait uniformité ! Guito Crescence le dit bien : « Les habitants de ces quartiers des hauts ont un mode de vie différent » ; ajoutant même : « les habitudes dans ces lieux de vie diffèrent de celles des zones du littoral ». Si un effort n’est pas fait pour comprendre la diversité de cette ruralité, il sera difficile de développer vraiment ces Hauts de l’Ouest.
            C’est dire qu’il y a des situations rurales différentes. Dans l’ensemble, de gros retards sont enregistrés dans le développement des quartiers, et même si un effort a été fait ces dernières années pour certains équipements, « on y retrouve tous les problèmes de l’équité, parce qu’ils n’y sont pas préparés »
            La première préoccupation est de penser sérieusement à un aménagement concerté du territoire, une compétence que les 5 communes de la microrégion ont confiée au TCO ; d’où l’intervention de l’élu socialiste de Saint-Paul sur la méthode pour valoriser l’image de la ruralité dans l’ouest : « Il ne faut pas que les administratifs soient les seuls à s’emparer des actions à entreprendre, ils doivent venir en soutien ». Et de préciser : "les décisions à venir doivent être prises en concertation avec les habitants de chaque coin".
            En effet, qui peut mieux que l’élu veiller à ce que l’on aille vraiment à l’égalité en matière de transports, d’éducation, de santé, de formation permanente des agriculteurs, de construction de logements à prix modérés, d’installation des jeunes, de progression dans l’économie solidaire, de partage des actions culturels et d’utilisation de plus en plus large des outils de développement durable ? Qui peut mieux que l’élu pousser les acteurs ruraux à aller plus loin dans l’agritourisme, en passant au départ par une aide à la création de services liés à l’hébergement, à la restauration et aux activités de loisirs ? Cela dit, pour que les projets permettent de mieux prendre en compte les spécificités de chaque territoire et de répondre aux préoccupations pragmatiques des habitants, l’idée qui fait son chemin est de faire travailler tous les acteurs dans une structure (un GAL, dans les hauts de l’ouest, Groupe d’action local) : élus (communes et TCO), associations, chambres consulaires, partenaires techniques, et de préparer des actions qui soient susceptibles de trouver des financements conséquents, au FEADER (Fonds européens agricoles) notamment. 
            Il n’y a pas de doute pour Guito Crescence, déjà acteur dans plusieurs de ces activités du monde rural, « qu’il y a un travail de contacts larges et enrichissants à faire, pour partager au mieux les responsabilités ; et l’élu socialiste pense avant tout à « une bonne mobilisation de tous les élus ruraux, qui sont mieux placés pour appréhender ces réalités ». 

 

par Aimé LEBON
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Jeudi 17 avril 2008

 

Conseil municipal du 14-04-08

 

Photo : Les administratifs sont placés au fond, derrière la députée-maire qui discute avec Raymond Françoise (majorité) ; à droite, Hélène M’Lamaly (majorité) est concentrée sur ses documents avant l’ouverture de la séance.

            Le public découvre une modification de la disposition des sièges qui lui sont réservés dans la salle du conseil, sans doute en raison de la nouvelle place occupée par l’Administration communale. Il est toujours bien présent, et toujours quelque peu participatif : favorable à presque 100 % à la nouvelle majorité, il n’hésite pas à manifester son mécontentement suite à certaines interventions de l’opposition teintées d’un peu d’ironie (celles d’Alain Bénard, en particulier), et à applaudir les discours qui lui donnent satisfaction. Il reste attentif aux arguments échangés si bien que certains laissent échapper, à mi-voix, leurs propres mots d’approbation ou de réprobation quand la tension monte légèrement. La campagne électorale est encore toute proche.
            Quelques procurations, dans l’opposition et dans la majorité, sont présentées à l’appel des élus, par exemple celle d’Emmanuel Séraphin (délégué à l’Optimisation des finances communales, entre autres) pour la majorité, et celle de Jocelyne Lauret pour l’opposition.
            L’ordre du jour comportait dix points ; et les plus importants, qui ont entretenu des échanges entre majorité et opposition : Le budget primitif 2 008 ; le débat sur la politique de l’eau ; les subventions communales aux associations pour l’exercice 2 008
            Les votes : tous les points ont été adoptés par la majorité, l’opposition s’abstenant, sauf sur le dernier point où ses élus ont voté avec ceux de la majorité pour la participation communale à l’acquisition de livres scolaires et de matériels pédagogiques des établissements d’enseignement privé (2 007-2 008). 

Le contexte général de ce budget :
            La députée-maire dans une introduction rappelle que ce budget primitif permet de déterminer les moyens pour mettre en place le projet pour lequel les électeurs se sont prononcés en majorité. C’est un budget de transition, car il s’agit de prendre en compte ce qui a déjà été entrepris par la majorité précédente, mais aussi de commencer la mise en œuvre des nouvelles orientations.
            Elle a tenu aussi à replacer son premier budget dans un cadre plus large : le contexte mondial ne permet pas de faire preuve de beaucoup d’optimisme : la crise financière mondiale ; les émeutes de la faim. La rigueur au niveau national aura aussi des conséquences sur la gestion des collectivités en général : par exemple, une baisse des emplois aidés est à craindre. Tout cela, devait-elle dire, ne sera pas sans conséquences pour la commune de Saint-Paul. 

Les caractéristiques de ce budget :
            La députée-maire entra ensuite dans le vif du sujet : des efforts constants doivent être faits sur le fonctionnement, dans la maîtrise de certaines dépenses. Nous confirmons aujourd’hui ce que nous avons dit pendant la campagne : il nous faut aller vers une baisse des dépenses à caractère festif ; le poste « Fêtes et cérémonie » ne peut pas rester à ce niveau, nous avons dégagé ainsi 1,5 million d’euros. Cette somme nous permettra de faire des investissements et de limiter le recours à l’emprunt. Nous pourrons lancer une étude de programmation pluriannuelle, rénover des mairies annexes dans le cadre de la décentralisation communale
            Elle a rappelé qu’un audit devait l’éclairer pour proposer des décisions modificatives du budget. Et elle céda la parole à Lynda Janiçon, la 2e adjointe, qui est entrée un peu plus dans les chiffres pour apporter quelques précisons : en ce qui concerne le personnel, avec 72 millions d’euros on enregistre une petite augmentation ; pas d’augmentation des impôts. Puis elle lança le débat :
Alain Bénard pour l’opposition : Le temps vous a sans doute manqué pour donner une tonalité politique plus forte à ce budget. Il n’y a aucune surprise. Tous ces documents, vous auriez pu en avoir connaissance en étant au conseil (une pique qu’il lance à nouveau en direction d’Huguette Bello). C’est un budget technique. Il a été fait par les services. Pour préciser et attirer l’attention : cet argument, selon lui, ne pourra pas être utilisé longtemps. À propos de l’audit : la situation en cours, vous auriez pu la connaître sans audit, et par conséquent faire des économies. Vous en aurez besoin pour tenir les promesses faites. Et de poser une question à Huguette Bello : Que vont devenir les contrats (CEC, emplois jeunes), les intégrations, les validations des concours ? Voilà pour les inquiétudes ! Sur l’imposition, vous dites qu’il n’y aura pas d’augmentation. C’est une bonne nouvelle. Cela fera donc deux ans sans augmentation, mais attention à la brusque montée de fièvre l’année suivante. Attention aussi à une augmentation des impôts au niveau de l’intercommunalité !
Christophe Pomez, des Verts (délégation : Eco-tourisme), dans un discours de défense et illustration du budget, un texte qu’il lit en grande partie, avec beaucoup de conviction : Saveur d’un vent nouveau et odeur de fin de règne, dit-il en préambule pour donner le ton. L’héritage budgétaire est lourd, calamiteux. Pas de doute pour lui, l’audit révélera de lourds problèmes. Le budget de fonctionnement a été jusqu’ici une fuite en avant ; une vision gestionnaire à court terme sans ambition politique. Et la sévère critique de l’élu des Verts va encore plus loin : une absence de volonté de structurer des pans entiers de la politique communale. Avec cet héritage, le budget n’est pas celui que nous aurions souhaité ; cependant, il marque une première rupture et il va vers un fonctionnement municipal exemplaire, car il pose les fondations. Et il reprend alors les thèmes de cette nouvelle mandature. Pour déclarer finalement : Les élus verts appuient sans réserve ce budget, car il expose des actes clairs.
Josselyn Flahaut, de la majorité (délégation : Eaux et assainissements), a repris les arguments de défense de ce budget sur un ton moins emphatique que son collègue des Verts. De même que Jean-Marc Gamarus, qui y a ajouté – et repris une déclaration déjà faite - sur les personnels, en réponse à Alain Bénard : M. Bénard s’inquiètent un peu tard des droits des salariés communaux ; ces droits seront respectés par le nouveau pouvoir municipal ; nous ne leur réclamerons aucune allégeance. Les économies que nous ferons seront réinjectées sur l’essentiel, abstraction faite du superflu, de l’inutile. Répondant à la remarque d’Alain Bénard sur le Tco : Toutes les décisions y sont prises à l’unanimité. Si un dit non, c’est non ! Pas d’inquiétude à avoir ! Et le premier adjoint de profiter pour reparler de la mauvaise gestion du précédent maire : Il y a des matériels qui ont disparu, nous irons jusqu’au but ; nous sommes même à la recherche d’écrans plats.
Pierre Thiébaut, de la majorité (délégation : Président de la caisse des écoles), intervient dans le débat, et particulièrement sur les orientations relatives à l’école et à l’enfance : nous avons entériné tous les gros investissements : écoles nouvelles, réhabilitations, mises aux normes des restaurants scolaires, des sanitaires, des préaux. Il note cependant que des recrutements ont été faits sans tenir compte de beaucoup de compétences, et pour des raisons autres, par exemple, que la capacité dans l’art culinaire. Et c’est pour cela, dit-il, que nous avons décidé de faire des stages de formation pour ces personnels. Les élus de la majorité ont tenu à marquer leur attachement à l’école : le budget des écoles est passé de 780 000 euros à 879 000 euros. Et de plus, tous les projets des enseignants ont été budgétisés.
Christian Félicité, de la société civile (délégation : Affaires sociales), intervient pour dire que le CCAS est là pour faire du social toute l’année. Et lui aussi d’attaquer le bilan de la droite : L’équipe sortante a découvert la fibre sociale trois mois avant les échéances. Pour lui, il n’y a pas eu non plus dans ce secteur de la rigueur. 

La question de l’eau est venue en discussion lors de l’examen du budget primitif 2 008 du Service public de l’eau :
Jean Erpeldinger, des Verts (délégation : Environnement et Agenda 21), a rappelé une idée de base : l’eau n’est pas une marchandise ; et il faut, dit l’élu Vert, s’en tenir à une consommation raisonnable et éviter les gaspillages, l’objectif étant la recherche de la qualité de l’eau dans le cadre d’une politique de l’eau. Et surtout pour un retour à Saint-Paul de la gestion de l’eau en régie municipale. Il a aussi élargi son propos à des actes de solidarité pour un accès à l’eau des populations dans le monde qui doivent se traduire concrètement par des actions de coopération d’aides d’urgence (1 % de ce qui est consacré localement) en relation avec les associations saint-pauloises.
Alain Bénard : Le service de l’assainissement a déjà été retiré au privé. L’ancien maire dit clairement qu’il n’est pas pour travailler avec les sociétés d’eau : je me réjouis d’être avec la majorité sur ce point. L’eau doit bien revenir dans une régie. Je souhaite que la majorité continue dans cette voie. Le solaire et l’eau ne doivent pas être dans les mains du privé. Nous avons un projet d’une ferme solaire à Cambaie, la plus grande ferme solaire d’Europe, qui a déjà reçu l’accord du gouvernement. Je souhaiterais que votre municipalité pense à une régie municipale solaire pour ne pas tout laisser au privé. Interpellé sur la gestion passée de l’eau à Saint-Paul par Josselyn Flahaut, Alain Bénard a simplement répondu que son attitude a toujours été claire et cohérente. Le débat n’est pas allé plus loin sur cette question.
Jean Erpeldinger : la majorité s’est exprimée sur ces différents points pendant la campagne. Notre ambition est forte en ce qui concerne le solaire. 

Subventions communales aux associations pour l’exercice 2 008 :
La députée-maire : ces subventions dans certains cas (et elle a donné plusieurs montants à moins de 400€) participaient plus à une politique de saupoudrage et de clientélisme qu’à une prise en compte de l’apport des associations à la vie de la commune.
Gilbert Mardénalom pour l’opposition : ce n’est pas une nouveauté que de verser 50 % de la subvention au départ ; l’élu de l’opposition conteste aussi les jugements de saupoudrage et d’instrumentalisation portés sur l’ancienne majorité dans ce secteur.
Josselyn Flahaut, de la majorité : Les associations doivent être responsables et faire acte de pédagogie pour sensibiliser la population sur leurs thèmes et sur les limites de leurs interventions financières. Et l’élu de la majorité de conclure en s’adressant directement à Alain Bénard : vous avez parlé de démocratie participative, parlons plutôt de démocratie associative.
Alain Bénard : conteste l’appréciation de mauvaise gestion de l’ancienne municipalité faite par la majorité, et affirme au contraire que son équipe a géré avec rigueur. Il a regretté que les élus de la majorité descendent aussi bas dans le débat. S’il y a des tant de suspicions, vous pouvez entamer des poursuites. La réponse de la députée-maire fut immédiate : vous pouvez compter sur nous !
Raymond Françoise, de la société civile (délégation : Education et affaires scolaires) : les relations entre les associations et la municipalité doivent être traitées en termes de projets clairement présentés, de bilans-évaluations, de suivis en général et de calendrier. Sans doute pense-t-il à la mise en place d’un véritable protocole public.
Christophe Pomez, des Verts, regrette le manque de véritables contrats entre l’ancien pouvoir municipal et les associations, et parle de l’absence de véritables axes développés dans ce domaine. Tout doit être traité par un véritable dialogue, dit-il encore.
Gilbert Mardénalom, de l’opposition, exprime son mécontentement : Les subventions ont été attribuées en fonction des demandes. Tout s’est passé selon les normes, et s’il y a eu erreur, il faudrait peut-être regarder du côté de la mise en forme administrative.
Rahiba Dubois, des Verts (délégation : Soutien scolaire et lutte contre l’illettrisme) : il est question ici de discuter d’une ligne politique vis-à-vis des associations, il ne s’agit pas de mettre en cause les administratifs de la mairie. On ne mélange pas les deux choses.
La députée-maire est intervenu ensuite pour annoncer la mise en place prochainement d’une maison des associations pour préparer une politique concertée avec le secteur associatif. 

Une motion anti-OGM :
            Le conseil se termina par la lecture d’une motion anti-OGM proposée par Rahiba Dubois des VertsLa députée-maire a rappelé à ce sujet que Saint-Paul et la Réunion ne pouvaient pas se mettre en dehors de ce débat, et que cette motion sera transmise à l’Assemblée nationale et au gouvernement pour éviter que la droite parlementaire ne vide de sa substance un amendement du député PCF André Chassaigne qui avait été adopté et qui encadre l’usage des OGM près des zones AOC. Cette motion (dans laquelle un long rappel des principaux points de ce débat a été fait) a été adoptée à l’unanimité. 

Une pensée pour Aimé Césaire :
            Avant que la séance ne soit vraiment levée, la députée-maire demanda à toute l’assistance d’avoir une pensée pour Aimé Césaire, ce grand poète, défenseur de la liberté et de l’identité des peuples, dont l’état de santé reste préoccupant en ce moment.

 

par Aimé LEBON
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Mardi 15 avril 2008

 

Photo : Le siège du Tco au Port, un bâtiment qui fut construit pour abriter le premier syndicat intercommunal à la Réunion, celui des communes communistes.

 

            Jean-Yves Langenier, maire et conseiller général du Port, vient d’être élu à la présidence du Tco, la communauté d’agglomération qui va de la Possession à Saint-Leu. Une élection qui entre dans le cadre de la continuité de la campagne des municipales et de la finalisation des projets, les communes cèdent en effet une part de leurs compétences à la structure intercommunale.

            Le maire du Port, c’est paraît-il le choix d’un partage des tâches dans un parti ; sans doute s’agissait-il plus de trouver entre des élus un équilibre en postes, et donc en indemnités à percevoir, et de veiller à ce qu’il n’y ait pas une personnalité qui prenne trop d’importance et acquière trop de marges de liberté sur ce grand territoire. Les régionales de 2 010 sont déjà dans toutes les têtes. Beaucoup s’accordent à dire que cette personnalité ne pouvait être qu’Huguette Bello.

            Une gestion consensuelle entre les maires concernés est une approche a minima de l’intérêt communautaire. En rester à une simple entente sur des intérêts liés plus aux personnes qu’à une dynamique à partir d’un projet commun, c’est laisser la place à une gestion administrative qui ne va généralement pas bien loin, quelles que soient les compétences des fonctionnaires en place. Une présidence tournante n’est intéressante qu’à partir du moment où une impulsion forte est donnée et que les actions entreprises sur le moyen et le long terme, particulièrement dans les compétences de base, entrent dans un bon rythme d’exécution. Pour qu’on ne reste pas à chaque fois au simple partage du « gâteau », mais que l’on s’ouvre à l’intelligence et au courage politiques.

            Huguette Bello, maire d’une grande commune disposant de potentiels économiques et touristiques sous-exploités, sur son littoral et sur ses hauts, et en plein développement démographique, était mieux placée que son collègue du Port, fût-il un grand gestionnaire dans sa ville, pour rehausser le niveau de cet intérêt communautaire. L’argument de la contribution importante du Port au budget ne peut pas être déterminant, justement parce que ici il est question avant tout d’intérêt commun et de solidarité. Qui pouvait mieux qu’elle sentir à partir d’un vécu des gens tellement différencié sur toute la commune la nécessité d’aller vers un développement équilibré des quartiers ?

            Incontestablement, elle était la mieux placée pour impulser, conduire, évaluer, relancer et passer plus tard le flambeau à un autre maire. Pour établir un ordre dans l’enchaînement des politiques : partir de Saint-Paul, de l’ouest, pour arriver aux liens indispensables avec le Département et la Région. Dans l’autre sens ce serait rabaisser la gouvernance territoriale. Pour réussir, la maire de Saint-Paul ne peut pas se permettre de ne pas peser, publiquement et en toute transparence, sur les grands arbitrages qui se font dans l’ouest.

            Mais elle a préféré se limiter ; tout porte à croire que ce n’était pas uniquement pour ne pas se faire de la peine entre élus d’un même parti. Avec tous les outils, et dans les meilleures conditions, toutes les composantes de sa majorité municipale étaient conscientes dès le départ de l’énorme travail à accomplir pour changer Saint-Paul. Après cette décision la tâche s’avère un peu plus ardue. Il lui revient maintenant de montrer que l’efficacité s’enracine sur la sagesse.

par Aimé LEBON
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Vendredi 11 avril 2008

Photo : Route des Tamarins : Le pont de la ravine de « Trois-Bassins », et avant ce pont, sur la gauche de la photo, la zone autour de l’échangeur de « Barrage ».

 

             La conseillère de l’opposition voulait frapper un grand coup lors de la première séance du nouveau conseil, le débat d’orientation budgétaire pour 2 008 (Voir la page précédente). Sans doute pour tendre un peu plus la corde de ses relations avec Huguette Bello, aujourd’hui maire de la commune – ce n’est un secret pour personne que ces deux femmes du PCR ne s’entendaient guère depuis pas mal de temps. Sans doute voulait-elle par son intervention très critique faire mentir ceux qui affirmaient que sa venue à Saint-Paul sur la liste d’Alain Bénard n’était qu’un coup de main, le temps d’une élection, à un homme de droite avec qui Paul Verges, le président communiste de la Région, entendait continuer sa collaboration sur pas mal de dossiers d’aménagement dans l’ouest. Sans compter que vraisemblablement le vieux chef communiste voulait en même temps s’offrir un petit plaisir : glisser une peau de banane sous les pieds de celle qui a refusé de se cantonner totalement à l’analyse politique classique du PCR. Mais la prévision électorale est loin d’être une science exacte, fût-elle concoctée par des grands chefs.

            C’est elle qui a lancé lors de cette séance la première vraie offensive contre les orientations budgétaires d’Huguette Bello, comme si elle avait en face d’elle une adversaire qui avait déjà appliqué sa politique et qu’arrivait alors le temps d’un premier bilan, ce qui n’est pas du tout le cas. Mais le plus intéressant, c’est qu’elle a mis sur la table une information qui mérite attention. S’adressant à la nouvelle maire de Saint-Paul : vous ne proposez rien pour l’emploi ; vous parlez de zones d’activité qui seront mises en place autour de la route des Tamarins, mais c’est au mieux pour 2 009 ; et encore : en ce qui concerne les échangeurs, le Conseil général n’a rien prévu. Tout cela pour dire que cette attente des retombées pour l’emploi à l’ouverture de la route des Tamarins est illusoire à moyen terme et n’avait pas à être prise en compte dans ces orientations. La population sera déçue, devait-elle dire encore. C’était se situer dans une perspective mais en se focalisant volontairement sur les difficultés.

            Aucun élu de la majorité municipale n’avait jugé utile de contrer Jocelyne Lauret sur ce point, tout au moins de lui demander des explications concernant cette critique à propos de cette bataille pour l’emploi. La conseillère régionale qu’elle est aussi (la Région est maître d’œuvre et d’ouvrage sur la route des Tamarins) arrivait-elle avec des informations concernant l’indifférence du Conseil général et une absence plus ou moins cachées quant aux programmations de routes départementales afférentes (à construire ou à améliorer) aux échangeurs sur le territoire de la commune de Saint-Paul ? De toute façon, chacun sait que ce n’est pas d’un coup de baguette magique que l’on fera surgir de terre les aménagements des pôles d’échanges pour desservir les agglomérations de « Barrage » en dessous à la Saline ou de l’Epéron au-dessus de Saint-Gilles les Bains où justement sont prévues des zones d’activité.

            Dans son intervention l’élu de l’opposition a aussi défendu le bilan d’Alain Bénard pour mieux reprocher à Huguette Bello de ne s’en tenir, à ses yeux, qu’aux projets déjà lancés par l’équipe du maire sortant. Mais alors, elle devrait le faire plus globalement. En effet, les cinq conseillers généraux de Saint-Paul sont de l’équipe de la droite, et si imprévoyances du côté du Conseil général il y a eues quant aux routes, ces élus-là en sont pour une grande part responsables, les zones d’activité étant dans les programmes de tous les camps. La critique de Jocelyne Lauret visait donc aussi Gilbert Mardénalom et Cyrille Melchior, deux conseillers généraux et municipaux de l’opposition présents lors de cette séance.

            L’imprévoyance et l’opacité répandues par la droite saint-pauloise en matière d’aménagement sont bien connues, on peut se rapporter par exemple à l’historique de la voie cannière sur les terres à cannes irriguées de l’Antenne IV au-dessus de l’Hermitage les bains. Sans entrer dans l’imbroglio quant au statut de cette route, la commune de Saint-Paul avait demandé et obtenu du Conseil général la gestion de cette voie pour la transformer en route de pleine circulation, de façon à mieux desservir les agglomérations de hauts environnantes. Cette demande a été faite pendant une campagne sur le 4e canton avec défilés de voitures, mais la commune a rendu cette gestion à la collectivité départementale après que le conseiller général élu eut été élu et sans qu’elle ne se crût obligée de donner des informations complètes à la population. Et depuis on n’a plus entendu parler d’une meilleure desserte de ces agglomérations, et encore moins de l’avancement des aménagements de l’échangeur de l’Eperon. Et on n’a pas vu non plus un projet de PLU où est affirmée de façon claire une protection forte de ces terres rendues fertiles grâce au projet d’irrigation de l’ouest. Tout semble être en suspend.

            Il aurait été intéressant pour la clarification du débat de demander à Jocelyne Lauret si son soutien à Alain Bénard couvre aussi ces questions-là. De toute façon la conclusion est évidente : ce n’était pas sur le fond qu’elle aurait dû se placer si elle voulait donner une leçon à Huguette Bello, étant donné son récent re-positionnement politique à Saint-Paul. C’est au fil des conseils, pendant les années du mandat de la nouvelle maire que les Saint-Paulois verront si Jocelyne Lauret est décidée vraiment à s’investir sur le terrain de cette commune.

par Aimé LEBON
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Vendredi 4 avril 2008

 

Conseil municipal du 02/04/08
 

Photo: Le conseil municipal en plein travail.
Les citoyens sont accueillis et placés dans la salle du conseil :
Des chaises ont été rangées pour accueillir au mieux ceux qui se sont déplacés pour assister à ce premier conseil du mandat d’Huguette Bello ; ils sont accueillis et placés. Les militants de la maire sont nombreux, on note aussi la présence de quelques supporteurs des autres composantes de la majorité municipale, de quelques administratifs de la mairie – les présents connus pour êtres des partisans du maire sortant sont rares et ne restent pas longtemps. Les militants communistes sont heureux d’être là aujourd’hui, cela se voit sur leurs visages et ils le font entendre aussi par des petits commentaires au fil du débat quand ce n’est pas en huant certaines interventions de l’opposition.

 Huguette Bello présente les orientations budgétaires de la nouvelle majorité :Ce débat est obligatoire, il ne sera pas suivi d’un vote ; il précède le vote sur budget 2 008, un budget de transition qui devra prendre en compte ce qui a déjà été engagé par la précédente majorité et mettre en route ce qui sera initié par la nouvelle équipe. Un budget, est un lieu où sont inscrites les orientations que les élus ont retenues ; c’est toujours un budget à l’instant « t ». Un argument intéressant qui aurait dû être repris au cours des échanges entre la majorité et l’opposition.
Mme Huguette Bello donne la liste de ces orientations :
Une augmentation de la réserve foncière pour le logement ; la construction et la rénovation des écoles ; le service de la petite enfance ; l’hébergement d’urgence ; les personnes âgées ; la décentralisation communale ; la mise en place d’un agenda 21 pour la commune ; l’informatisation des mairies annexes. Un mot pour résumer, dit Mme la maire : Veiller à dépenser au mieux. C’est pour cela selon elle, qu’un audit sera réalisé pour mieux apprécier les marges de manœuvre ; et mobiliser ensuite toutes les sources financières de façon à ne pas augmenter les impôts.
Emmanuel Séraphin, l’adjoint aux affaires financières intervient : Ces nouvelles orientations sont mises en place dans l’urgence, ce débat budgétaire est décalé dans le temps compte tenu des élections municipales qui viennent d’avoir lieu. La commune est assez endettée (son niveau d’investissement est seulement de 35 %), dit-il ; le remboursement de la dette est important, les dépenses pour les personnels ont augmenté en 2 007. Et de souligner : en ce qui concerne l’endettement, nous en sommes à 849 € par habitant pour une commune de 102 000 habitants. D’autres chiffres présentés par le responsable des finances : Pour l’épargne nette, de 2 002 à 2 007, sauf en 2 004, les résultats sont négatifs, ce qui veut dire de grosses difficultés de gestion, particulièrement avec un fonctionnement qui pèse sur les finances de la commune. La conclusion politique qu’il en tire : compte tenu de l’urgence de la mise en place d’une véritable politique de justice sociale, et de la volonté de Mme la maire de ne pas augmenter les impôts pour 2 008, il est clair que les marges de manœuvre sont étroites. D’où la volonté de la nouvelle équipe de lutter contre les gaspillages (les dépenses de prestige). En ce qui concerne la priorité du logement social, et donc la nécessité de trouver des terrains, Emmanuel Séraphin annonce qu’un plan pluriannuel sera défini pour donner une meilleure lisibilité en termes budgétaires, ainsi qu’une prévision des investissements et un calendrier des réalisations. L’objectif de se doter d’un agenda 21, c’est pour des actions concrètes en faveur du développement durable. Un exemple est avancé : une économie de papier dans les services de la mairie : Vos documents pour la préparation du conseil seront désormais imprimés recto-verso pour réaliser des économies de papier.

 Le débat s’engage : L’opposition était bien présente. Les interventions des principaux responsables ont montré qu’un certain travail avait été fait sur le fond ; en revanche, pour ce qui est de sa représentation dans les différentes commissions le travail n’a pas été préparé : c’est en séance qu’ils ont composé leurs listes pour ces élections à bulletin secret.
Ginette Souprayen, sur un ton très modéré : Vous parlez d’augmentation de réserves foncières, et pourtant vous n’avez rien dit sur le PLU (Plan Local d’Urbanisme) de la commune, ni sur Cambaie.
Emmanuel Séraphin : Nous voulons d’abord répondre aux demandes des Saint-Paulois. Quand vous étiez au pouvoir, les désirs de projets n’ont pas été financés. L’assistance applaudit, car le public sent bien que le match vient d’être engagé. La réponse est en effet purement politique. À noter que le responsable financier de la majorité aurait pu reprendre tout suite les arguments sur le PLU que Mme la maire a présentés dans sa campagne (Voir la page Cambaie).
Emmanuel Séraphin continue : la finalisation des projets ne pourra se faire qu’après avoir eu l’audit ; le plan pluriannuel sur les priorités sera alors défini. Mais pas question de se lancer dans des projets irréalisables.
Jean Erpeldinger, le N°1 du groupe des Verts dans la majorité : Les orientations budgétaires pour 2 008, constituent le premier document politique de cette majorité, et nous avons été associés à sa réalisation. Nous retrouvons là les attentes de la population, la nouveauté étant les mesures écologiques qui se feront aussi en liaison avec le TCO. Le N°1 des Verts a cadré sa place dans la majorité de Mme Huguette Bello, en serrant de près son texte vu l’importance de cette déclaration.
Jean-Marc Gamarus, le Premier adjoint, sans doute pour relancer le débat déclare être intéressé par la recherche de la meilleure méthode pour la mise au point du projet de la majorité.
Henri Vergoz intervient pour réclamer du pouvoir municipal un meilleur accueil des handicapés, et attend une promotion des emplois des handicapés, parlant de la nécessité de lancer un message fort pour leur embauche.
Mme la maire : ce sont de très bonnes questions. Tout à fait d’accord pour donner une place aux handicapés dans notre cité – et arriver au pourcentage exigé dans l’administration communale.
Mais la plus grosse offensive de l’opposition allait venir de Jocelyne Lauret, une conseillère régionale communiste proche de Paul Vergès qui est venue sur la liste de la droite, et d’Alain Bénard lui-même.
Jocelyne Lauret : vos orientations, un listing de bonnes intentions ; c’est très louable, encore faut-il les traduire en actions. Vous devez répondre aux sollicitations de votre électorat. Cette première phase de l’attaque est politique.
Jocelyne Lauret enchaîne : mais vous ne répondez qu’aux sollicitations d’une moitié de l’électorat saint-paulois. Et de constester ensuite les jugements d’Emmanuel Séraphin sur l’équipe précédente qui selon lui ne faisait que lancer des projets sans les réaliser. De donner en conséquence une liste : voieries, bâtiments scolaires, etc. Et une question : Est-ce que vous avez encore votre projet de cuisine centrale ?
L’assistance désapprouve l’intervention, sans doute aussi pour un ton un petit peu ironique. Un spectateur tente même, raisonnablement, d’interpeller la conseillère de l’opposition. Et cette dernière continue son « attaque » : je ne veux pas moi assumer… L’assistance proteste plus bruyamment.
Alain Bénard veut intervenir mais Mme la maire lui répond sèchement qu’il n’a pas demandé la parole.
Jean-Marc Gamarus intervient (d’autorité ?) pour redonner la parole à Jocelyne Lauret.
Jocelyne Lauret continue sa critique : Vous parlez d’installation de zones d’activités aux alentours de la route des Tamarins. Cela ne se fera pas avant 2 009 ; et ce d’autant que pour les échangeurs le Conseil général ne s’est pas engagé. Reprenant sa critique en général : Au mieux, ces orientations ne font que poursuivre les actions entreprises par l’ancienne majorité. Il n’y a rien pour l’emploi, pas plus pour le logement. Je crains une déception dans la population.
Jean-Marc Gamarus remonte au créneau : Mme Lauret est en train de faire le procès de notre majorité. Nous ne faisons que prendre le train en marche. L’assistance applaudit. Et le Premier adjoint de revenir sur la nécessité de l’audit pour voir plus clair avant d’agir véritablement sur l’héritage à porter. Il conseille même à Mme Lauret d’être plus prudente dans ses appréciations, car, pour lui, la campagne électorale est terminée. Nous parlons aux Saint-Paulois, dit-il encore.
Emmanuel Séraphin : à aucun moment nous avons parlé de cuisine centrale.
L’opposition reprend la parole : Gilbert Mardénalom : La ZAC de Bois-Rouge est commencée. Tous nos projets ont démarré. Merci de continuer la RHI de Bois-Rouge. Et de terminer son propos en demandant à Mme la maire pourquoi elle ne parle pas de la station balnéaire.
Emmanuel Séraphin, l’adjoint en charge des finances : Nous aurons le temps de prendre en compte toutes les études. Surtout, ne nous demandez pas de rendre compte de votre gestion.
L’opposition continue avec Cyrille Melchior : Nous nous félicitons que cette majorité reprenne nos actions, qu’il y ait une continuité. Ce qui m’inquiète, c’est la gestion du personnel ; je n’ai pas vu de signe fort en faveur des personnels. Je crains que la recherche de l’effort financier ne permette pas la titularisation de ceux qui ont réussi les concours.
Jean-Marc Gamarus répond à « l’honorable M. Melchior », selon sa propre expression : À propos du personnel : Donnez-nous le temps de faire ce que vous n’avez pas fait.
Alain Bénard, le N°1 de l’opposition prend la parole : critiquer votre document, c’est le rôle de l’opposition, qui estde mettre en avant les manques. Alain Bénard pose une question à Mme la maire : allez-vous participer au débat sur les O.G.M à l’Assemblée nationale ? Puis, pour rester dans le sujet : la gratuité des transports, c’est à négocier avec le TCO qui en a la compétence ; en cas d’avis favorable, cette gratuité s’appliquera dans les cinq communes. J’apprends aussi que le TCO sera dirigé par M. Langenier, le maire du Port. Reprenant ses critiques : C’est l’intérêt général qui doit prévaloir. Je ne souhaite pas que Saint-Paul dépérisse…d’où notre intérêt si nous reprenons la commune (Protestation forte dans l’assistance). Ensuite, parlant de l’environnement : c’est une question qui intéresse les Saint-Paulois, une question de fond, même si c’est une compétence du TCO : l’assainissement est un préalable à l’aménagement. Pas de logements sociaux sans programme d’assainissement. C’est un facteur bloquant. Dommage qu’un élu de la majorité n’ait pas répondu à cet argument, car dans sa mouture du PLU l’ancien maire n’a pas été à la hauteur en ce qui concerne l’assainissement, et dans les prévisions et dans le calendrier. Alain Bénard reprend : Des maires ont été pénalisés par un manquement dans ce domaine. Et encore : Je m’inquiète aussi de l’abandon de l’appellation « Zone balnéaire ». Quant à Cambaie, ce n’est pas une zone de riches qui y est prévue, il y aura des logements sociaux à plus de 20 %. Vous n’avez pas de projet de PLU, d’intention de PLU.
Se faisant alors plus politique : cette équipe n’a pas un grand dessein pour Saint-Paul. Un mot a disparu : participation. Là encore, il a manqué des interventions des élus de la majorité. Et de poursuivre : Nous sommes plus intelligents aujourd’hui (protestation dans l’assistance). Nous n’avons pas trouvé une martingale, mais nous avons essayé. Enfin, dit-il, je regrette que l’on retourne à délibérer sous la pression populaire.
Jean-Marc Gamarus intervient sur la question du personnel : Le personnel a été rassuré par Mme Bello ; il n’y a pas eu de chasse aux sorcières. Les Saint-Paulois ont eu raison de voter pour nous. À propos de la zone balnéaire : Saint-Paul sera vraiment la vitrine du tourisme à la Réunion ; le développement touristique se fera aussi sur les hauts où il y a des acteurs économiques dans ce secteur.
Emmanuel Séraphin, à propos de la présidence du TCO : M. Bénard a déjà vu l’élection au TCO, c’est incroyable ! Elle se fera la semaine prochaine. Et il annonce la gratuité des transports pour les personnes âgées.
Jean Erpeldinger, des Verts, intervient pour dire à M. Bénard qu’il est le mal venu pour prendre à témoin les Verts après avoir parlé dans sa campagne de pacte secret entre ce mouvement et Mme Bello. À propos du refus d’une Ecopolis à Cambaie, Mme la maire a raison : Nous voulons un développement durable sur tout le territoire de la commune.
Mme la maire : Le PLU, vous ne l’avez pas fait, nous le ferons ! L’intelligence ne se gagne pas seulement dans le virtuel mais aussi dans le réel, allusion faite à une campagne de SMS d’Alain Bénard (applaudissements dans le public).
Le débat sur ce point est clos ; aucun représentant du PS ou de la « Société civile » ne s’est exprimé sur ces orientations budgétaires pour 2 008.
Ce fut un débat riche ; la confrontation a permis de dégager et de mettre en relief des points importants qui reviendront sur le tapis – où parfois des informations données méritent vérifications, notamment sur l’articulation entre la commune, le TCO, le Conseil général et la Région. Ce débat a montré que des face-à-face sérieux permettent d’élever le niveau d’information des citoyens. Dans un prochain article, certaines problématiques posées seront à nouveau analysées.

par Aimé LEBON
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Mardi 1 avril 2008

 

Non à une Ecopolis (ville écologique) à Cambaie

 

Photo : L’axe routier qui traverse la zone de Cambaie et qu’empruntera aussi le futur tram-train.

 

 

 






Une continuité des politiques entre Alain Bénard et Huguette Bello dans le domaine de l’aménagement du territoire est impossible.

Pendant son séjour à la Réunion, Yves Jégo, le secrétaire d’État à l’Outre-mer a proposé à Huguette Bello, la toute nouvelle maire de Saint-Paul, de faire de sa ville un modèle de ville écologique, « un exemple pour la nation », a-t-il dit. Une Ecopolis.

Alain Bénard aurait sauté de joie à entendre une telle proposition si un dimanche 16 janvier 2 008, 2e tour des municipales, le sort lui avait été favorable. Hélas pour lui, la commune de Saint-Paul est passée à gauche ! Mais à l’heure où des beaux esprits prétendent que les projets d’aménagement ne sont ni de droite ni de gauche – projets au sens global recouvrant les objectifs, les choix financiers, le calendrier et les impacts concernant l’imbrication de toutes les questions se rapportant à l’équilibre du territoire –, tellement tout le monde est gentil, républicain, moderne et préoccupé uniquement du bien commun –, le ministre a cru devoir transmettre immédiatement le projet d’une « éco-ville » à Cambaie au nouveau pouvoir municipal.

Préoccupé qu’il fût à se donner une image de serviteur de l’État qui se doit en ce moment de donner dans le consensus tous azimuts, et certainement briffé dans ce sens à Paris, le ministre a sans doute oublié de faire une mise à jour de ses fiches avant son premier contact avec le terrain. Huguette Bello dans sa campagne électorale avait particulièrement mis l’accent sur la pénurie qui touche le logement dans sa commune ; nombreux, pour elle, sont les quartiers qui devront être « dotés de logements adaptés, de moyens de communication modernes, d’équipements de qualité ». Aussi, sa réponse au ministre a été nette : « je ne veux pas d’Ecopolis » ; « je ne veux pas d’une enclave écologique mais du développement durable sur tout le territoire de la commune ».

Ce n’est pas qu’elle soit insensible aux problématiques environnementales et à la nécessité d’associer harmonieusement croissance économique et développement durable. Bien au contraire ! Ces questions ont constitué un pan très fort et bien développé durant sa campagne. Pour elle, une Eco-Ville à Cambaie (dans cette zone littorale à aménager qui va de l’Etang de Saint-Paul à la Rivière des Galets) ne pourrait être en effet qu’une enclave riche. Parce qu’ayant attiré beaucoup de fonds publics et que les populations des quartiers défavorisés et situés juste en arrière, dans la zone des mi-pentes, à Sans-Souci, au Hangar, à Chemin-Macé, et même au Bellemène auraient vu leurs besoins toujours insuffisamment pris en compte pendant que le progrès exploserait à leurs pieds, à Cambaie. C’est la promesse de sortie de cette logique qui a sans doute contribué à donner l’avantage au camp progressiste lors des dernières municipales. Non qu’elle ait voulu refuser tout projet d’avant-garde et susceptible de tirer la croissance du pays en général, mais parce qu’elle s’est volontairement donné la priorité à « une offre diversifiée de logements », pour les gens en difficulté mais aussi pour les classes moyennes. Sans vouloir uniformiser les quartiers, elle vise avant tout à les sortir de leur retard, pour pouvoir parler ensuite de « la vraie ville que doit devenir Saint-Paul ». 

Les projets montés ici ou là, fussent-ils les plus brillants, les plus modernes, ne doivent pas cacher des logiques d’aménagement qui servent avant tout des intérêts particuliers. 

Il s’agit de respecter la loi SRU (Solidarité et Renouvellement urbains ; 20 % des logements sociaux dans les projets), ce que l’ancienne municipalité ne faisait pas, quitte à payer de lourdes amendes, et de se lancer dans une vraie politique de réserve foncière. Il sera difficile d’y arriver si la commune ne se donne pas les moyens « en recourant au droit de préemption », certes, mais aussi à des procédures d’expropriation pour utilité publique. Cette procédure n’a pas été faite uniquement pour des petits particuliers mais aussi pour des détenteurs de gros patrimoines fonciers. Surtout quand ces derniers disposent de terrains où la savane et la rocaille peuvent se transformer en or à la réalisation d’équipements publics permettant ainsi de fructueuses opérations de spéculation immobilière. L’argent public ne doit pas anticiper et préparer des profits du privé sans que la collectivité ne réussisse à sauvegarder ses intérêts fondamentaux ; ce qui ne veut pas dire qu’un bon partenariat public privé, en toute transparence, ne doit pas être recherché. 

« Saint-Paul » doit adopter rapidement un PLU efficace (Plan Local d’Urbanisme), et, avec les autres communes du TCO (Territoire de la Côte Ouest), agir pour mettre en œuvre les directions retenues dans le SCOT (Schéma de cohérence Territoriale) de cette communauté d’agglomération. 

Le PLU de la commune, et sa cohérence avec le SCOT, dans le respect des préconisations du SAR (Schéma d’Aménagement régional) – qui n’a malheureusement pas été jusqu’ici mis à jour par la Région –, est un défi majeur auquel Huguette Bello aura à faire face. Parce que « Saint-Paul » a perdu l’habitude de réussir la mise au point de ces documents d’urbanisme : hier, la révision du POS (Plan d’Occupation des Sols) n’a jamais abouti sous les mandatures de Cassam Moussa et de Joseph Sinimalé ; tout récemment, le PLU n’a pas pu être mené à terme par Alain Bénard.

La nouvelle équipe au pouvoir ne pourra pas malgré le temps qui passe faire l’économie de toute la concertation exigible en la matière et de la plus grande transparence dans les communications et les débats à lancer pour bien faire saisir à la population les enjeux. Autrement, cette même population ne comprendrait pas, par exemple, pourquoi on déclasse ici et pas là et pourquoi on pourrait exproprier tel propriétaire et pas tel autre. Et quelle est la juste utilisation de l’argent public dans cette affaire ! Sur toutes ces bases, assurément, demain l’aménagement de la zone de Cambaie, entre autres, sera de plain-pied dans l’actualité.

 

 
par Aimé LEBON
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Vendredi 28 mars 2008

La députée Huguette Bello prend « Saint-Paul »

Photo : Huguette Bello, sous capeline, à une manifestation au Jardin de l’État à Saint-Denis.

La situation n’a jamais été aussi favorable à la gauche :

La commune de Saint-Paul a basculé à gauche au 2e tour des municipales de 2 008. Un événement attendu : Huguette Bello, la députée communiste, a décroché son 3e mandat dans la 2e circonscription de la Réunion (La Possession, Le Port, Saint-Paul et Trois-Bassins) lors des législatives qui ont suivi l’élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République, avec cette fois-ci un élément annonciateur d’un beau match pour les prochaines municipales. En effet, au 2e tour de ces législatives, pour la première fois, elle a devancé Alain Bénard, son adversaire de droite, sur son propre territoire, la commune de Saint-Paul. Signe qu’elle était maintenant portée par une opinion publique qui allait au-delà de la traditionnelle réserve communiste et même de la gauche en général dans cette circonscription. À Saint-Paul, jusqu’ici, la candidate communiste semblait plutôt viser l’entretien de l’électorat de so