Conseil municipal du 14-04-08
Photo : Les administratifs sont placés au fond, derrière la députée-maire
qui discute avec Raymond Françoise (majorité) ; à droite, Hélène M’Lamaly (majorité) est concentrée sur ses documents avant l’ouverture de la séance.
Le public
découvre une modification de la disposition des sièges qui lui sont réservés dans la salle du conseil, sans doute en raison de la nouvelle place occupée par l’Administration communale. Il est
toujours bien présent, et toujours quelque peu participatif : favorable à presque 100 % à la nouvelle majorité, il n’hésite pas à manifester son mécontentement suite à certaines
interventions de l’opposition teintées d’un peu d’ironie (celles d’Alain Bénard, en particulier), et à applaudir les discours qui lui donnent satisfaction. Il reste attentif aux arguments
échangés si bien que certains laissent échapper, à mi-voix, leurs propres mots d’approbation ou de réprobation quand la tension monte légèrement. La campagne électorale est encore toute
proche.
Quelques procurations, dans l’opposition et dans la majorité, sont présentées à l’appel des élus, par
exemple celle d’Emmanuel Séraphin (délégué à l’Optimisation des finances communales, entre autres) pour la majorité, et celle de Jocelyne Lauret pour l’opposition.
L’ordre du jour comportait
dix points ; et les plus importants, qui ont entretenu des échanges entre majorité et opposition : Le budget primitif 2 008 ;
le débat sur la politique de l’eau ; les subventions communales aux associations pour l’exercice
2 008.
Les votes : tous les points ont été adoptés par la
majorité, l’opposition s’abstenant, sauf sur le dernier point où ses élus ont voté avec ceux de la majorité pour la participation communale à l’acquisition de livres scolaires et de matériels
pédagogiques des établissements d’enseignement privé (2 007-2 008).
Le contexte général de ce
budget :
La
députée-maire dans une introduction rappelle que ce budget primitif permet de déterminer les moyens pour mettre en place le projet pour lequel les électeurs se sont prononcés en
majorité. C’est un budget de transition, car il s’agit de prendre en compte ce qui a déjà été entrepris par la
majorité précédente, mais aussi de commencer la mise en œuvre des nouvelles orientations.
Elle a tenu aussi à replacer son premier budget dans un
cadre plus large : le contexte mondial ne permet pas de faire preuve de beaucoup d’optimisme : la crise financière mondiale ; les émeutes de la faim. La rigueur au niveau national
aura aussi des conséquences sur la gestion des collectivités en général : par exemple, une baisse des emplois aidés est à craindre. Tout cela, devait-elle dire, ne sera pas sans conséquences
pour la commune de Saint-Paul.
Les caractéristiques de ce
budget :
La
députée-maire entra ensuite dans le vif du sujet : des efforts constants doivent être faits sur le fonctionnement, dans la maîtrise de certaines dépenses. Nous confirmons
aujourd’hui ce que nous avons dit pendant la campagne : il nous faut aller vers une baisse des dépenses à caractère festif ; le poste « Fêtes et cérémonie » ne peut pas rester
à ce niveau, nous avons dégagé ainsi 1,5 million d’euros. Cette somme nous permettra de faire des investissements
et de limiter le recours à l’emprunt. Nous pourrons lancer une étude de programmation pluriannuelle, rénover des mairies annexes dans le cadre de la décentralisation
communale.
Elle a rappelé qu’un audit devait l’éclairer pour proposer des décisions modificatives du budget. Et
elle céda la parole à Lynda Janiçon, la
2e adjointe, qui est entrée un peu plus dans les chiffres pour apporter quelques précisons : en ce qui concerne le personnel, avec 72 millions d’euros on enregistre
une petite augmentation ; pas d’augmentation des impôts. Puis elle lança le débat :
Alain Bénard pour l’opposition : Le temps vous a sans doute manqué pour donner une tonalité politique plus forte à ce budget. Il n’y a aucune surprise. Tous ces documents,
vous auriez pu en avoir connaissance en étant au conseil (une pique qu’il lance à nouveau en direction d’Huguette Bello). C’est un budget technique. Il a été fait par les services. Pour préciser et attirer l’attention : cet argument, selon lui, ne pourra pas être utilisé
longtemps. À propos de l’audit : la situation en cours, vous auriez pu la connaître sans audit, et par conséquent faire des économies. Vous en aurez besoin pour tenir les promesses faites.
Et de poser une question à Huguette Bello : Que vont devenir les contrats (CEC, emplois jeunes), les
intégrations, les validations des concours ? Voilà pour les inquiétudes ! Sur l’imposition, vous dites qu’il n’y aura pas d’augmentation. C’est une bonne nouvelle. Cela fera
donc deux ans sans augmentation, mais attention à la brusque montée de fièvre l’année suivante. Attention aussi à
une augmentation des impôts au niveau de l’intercommunalité !
Christophe Pomez, des Verts (délégation :
Eco-tourisme), dans un discours de défense et illustration du budget, un texte qu’il lit en grande partie, avec beaucoup de conviction : Saveur d’un vent nouveau et odeur de
fin de règne, dit-il en préambule pour donner le ton. L’héritage budgétaire est lourd, calamiteux. Pas
de doute pour lui, l’audit révélera de lourds problèmes. Le budget de fonctionnement a été jusqu’ici une fuite en avant ; une vision gestionnaire à court terme sans ambition politique. Et la
sévère critique de l’élu des Verts va encore plus loin : une absence de volonté de structurer des pans
entiers de la politique communale. Avec cet héritage, le budget n’est pas celui que nous aurions souhaité ; cependant, il marque une première rupture et il va vers un fonctionnement municipal exemplaire, car il pose les fondations. Et il reprend alors les thèmes de cette
nouvelle mandature. Pour déclarer finalement : Les élus verts appuient sans réserve ce budget, car il expose des actes clairs.
Josselyn Flahaut, de la majorité (délégation : Eaux et assainissements), a repris les arguments de défense de ce budget sur un ton moins emphatique que son collègue des Verts.
De même que Jean-Marc Gamarus, qui y a ajouté – et repris une déclaration déjà faite -
sur les personnels, en réponse à Alain Bénard : M. Bénard s’inquiètent un peu tard des droits des salariés
communaux ; ces droits seront respectés par le nouveau pouvoir municipal ; nous ne leur
réclamerons aucune allégeance. Les économies que nous ferons seront réinjectées sur l’essentiel, abstraction faite du superflu, de l’inutile. Répondant à la remarque d’Alain Bénard sur
le Tco : Toutes les décisions y sont prises à l’unanimité. Si un dit non, c’est non ! Pas d’inquiétude
à avoir ! Et le premier adjoint de profiter pour reparler de la mauvaise gestion du précédent maire : Il y a des matériels qui ont disparu, nous irons jusqu’au but ; nous sommes
même à la recherche d’écrans plats.
Pierre Thiébaut, de la majorité (délégation : Président de la caisse des
écoles), intervient dans le débat, et particulièrement sur les orientations relatives à l’école et à l’enfance : nous avons entériné tous les gros investissements : écoles nouvelles, réhabilitations, mises aux normes des restaurants scolaires, des sanitaires, des
préaux. Il note cependant que des recrutements ont été faits sans tenir compte de beaucoup de compétences, et pour des raisons autres, par exemple, que la capacité dans l’art culinaire.
Et c’est pour cela, dit-il, que nous avons décidé de faire des stages de formation pour ces personnels.
Les élus de la majorité ont tenu à marquer leur attachement à l’école : le budget des écoles est passé de 780 000 euros à 879 000 euros. Et de plus, tous les projets des enseignants ont été budgétisés.
Christian Félicité, de la société civile (délégation : Affaires sociales), intervient pour dire que le CCAS est là pour faire du social toute l’année. Et lui aussi d’attaquer le bilan de la droite : L’équipe sortante a découvert la fibre sociale
trois mois avant les échéances. Pour lui, il n’y a pas eu non plus dans ce secteur de la rigueur.
La question de l’eau est venue en discussion lors
de l’examen du budget primitif 2 008 du Service public de l’eau :
Jean Erpeldinger, des Verts (délégation :
Environnement et Agenda 21), a rappelé une idée de base : l’eau n’est pas une marchandise ; et il faut, dit l’élu Vert, s’en tenir à une consommation raisonnable et éviter
les gaspillages, l’objectif étant la recherche de la qualité de l’eau dans le cadre d’une politique de l’eau. Et surtout pour un retour à Saint-Paul de la gestion de l’eau en régie municipale. Il a aussi élargi son propos à des actes de solidarité pour un accès à l’eau des
populations dans le monde qui doivent se traduire concrètement par des actions de coopération d’aides d’urgence (1 % de ce qui est consacré localement) en relation avec les associations
saint-pauloises.
Alain Bénard : Le service de l’assainissement a déjà été retiré au privé. L’ancien maire dit clairement qu’il n’est pas pour travailler avec les sociétés d’eau : je me réjouis d’être avec la majorité sur ce point. L’eau doit
bien revenir dans une régie. Je souhaite que la majorité continue dans cette voie. Le solaire et l’eau ne doivent
pas être dans les mains du privé. Nous avons un projet d’une ferme solaire à Cambaie, la plus grande ferme solaire d’Europe, qui a déjà reçu l’accord du gouvernement. Je souhaiterais que votre municipalité pense à une régie municipale solaire pour ne pas tout laisser au privé.
Interpellé sur la gestion passée de l’eau à Saint-Paul par Josselyn Flahaut, Alain
Bénard a simplement répondu que son attitude a toujours été claire et cohérente. Le débat n’est pas allé plus loin sur cette question.
Jean Erpeldinger : la majorité s’est exprimée sur
ces différents points pendant la campagne. Notre ambition est forte en ce qui concerne le solaire.
Subventions communales aux associations pour
l’exercice 2 008 :
La députée-maire : ces subventions dans certains cas (et elle a donné plusieurs montants à moins de 400€) participaient plus à une
politique de saupoudrage et de clientélisme qu’à une prise en compte de l’apport des associations à la vie de la commune.
Gilbert Mardénalom pour l’opposition : ce n’est pas une nouveauté que de verser 50 % de la subvention au départ ; l’élu de l’opposition conteste aussi les jugements de
saupoudrage et d’instrumentalisation portés sur l’ancienne majorité dans ce secteur.
Josselyn Flahaut, de la majorité : Les associations doivent être responsables et faire acte de pédagogie pour sensibiliser la population sur leurs thèmes et sur les limites de leurs interventions
financières. Et l’élu de la majorité de conclure en s’adressant directement à Alain Bénard : vous avez parlé de démocratie participative, parlons plutôt de démocratie
associative.
Alain Bénard : conteste l’appréciation de mauvaise gestion de l’ancienne municipalité faite par la majorité, et affirme au contraire
que son équipe a géré avec rigueur. Il a regretté que les élus de la majorité descendent aussi bas dans le débat. S’il y a des tant de suspicions, vous pouvez entamer des poursuites. La réponse
de la députée-maire fut immédiate : vous pouvez compter sur nous !
Raymond Françoise, de la société civile (délégation : Education et affaires
scolaires) : les relations entre les associations et la municipalité doivent être traitées en termes de
projets clairement présentés, de bilans-évaluations, de suivis en général et de calendrier. Sans doute pense-t-il à la mise en place d’un véritable protocole
public.
Christophe Pomez, des Verts, regrette le manque de véritables contrats
entre l’ancien pouvoir municipal et les associations, et parle de l’absence de véritables axes développés dans ce domaine. Tout doit être traité par un véritable dialogue, dit-il
encore.
Gilbert Mardénalom, de l’opposition, exprime son mécontentement : Les
subventions ont été attribuées en fonction des demandes. Tout s’est passé selon les normes, et s’il y a eu erreur, il faudrait peut-être regarder du côté de la mise en forme
administrative.
Rahiba Dubois, des Verts (délégation : Soutien scolaire et lutte contre
l’illettrisme) : il est question ici de discuter d’une ligne politique vis-à-vis des associations, il ne s’agit pas de mettre en cause les administratifs de la mairie. On ne mélange
pas les deux choses.
La députée-maire est intervenu ensuite pour annoncer la mise en place prochainement d’une maison des associations pour préparer une politique concertée avec le secteur associatif.
Une motion anti-OGM :
Le conseil se termina par
la lecture d’une motion anti-OGM proposée par Rahiba Dubois des Verts – La députée-maire a rappelé à ce sujet que
Saint-Paul et la Réunion ne pouvaient pas se mettre en dehors de ce débat, et que cette motion sera transmise à
l’Assemblée nationale et au gouvernement pour éviter que la droite parlementaire ne vide de sa substance un amendement du député PCF André Chassaigne qui avait été adopté et qui encadre l’usage
des OGM près des zones AOC. Cette motion (dans laquelle un long rappel des principaux points de ce débat a été fait) a été adoptée à l’unanimité.
Une pensée pour Aimé
Césaire :
Avant que la séance ne soit vraiment levée, la députée-maire demanda à toute l’assistance d’avoir une pensée pour Aimé Césaire, ce grand poète, défenseur de la liberté et de
l’identité des peuples, dont l’état de santé reste préoccupant en ce moment.