Conseil municipal du 28 mai 2 009
Photo : Le petit bois de tamarins au bas de la Plaine Saint-Paul est-il menacé par la future ZAC « Marie CASE » ?
I : Remarques générales :
L’opposition de droite est revenue à la table du conseil, du moins la composante de Cyrille Melchior, avec également Marie Josie Bourbon et David Aipar ; celle d’Alain Bénard reste campée sur la stratégie de la chaise vide.
La députée-maire tout au long de cette séance s’est montrée encore plus à l’aise que d’habitude, souriante mais déterminée, et toujours prête à décocher ses flèches en direction de l’opposition.
La présentation des points de l’ordre du jour était plus étoffée que d’habitude ; il y eut même, avant que la Maire ne passe aux interventions et remarques des élus, des compléments apportés par d’autres membres de la majorité.
La présentation de plusieurs affaires a été agrémentée de diapo photos projetées sur les écrans de la salle – la Maire a même demandé que pour la prochaine séance les tableaux chiffrés des points en discussion soient présentés au public, toujours bien présent, pour un meilleur suivi des citoyens qui se déplacent pour assister au conseil.
Du côté de la majorité, une petite ambiance, un peu euphorique, était perceptible. La confiance dans l’avenir ?
II : Présentation par la députée-maire des points importants de l’ordre du jour :
C’est un petit conseil, 26 questions, plus une question que nous avons rajoutée, dit la Maire.
Nous avons l’habitude de nous exprimer sur des sujets d’importance, dit-elle : Le Pôle Sanitaire de l’Ouest que nous voulons voir sortir de terre dans les plus brefs délais. J’ai vu la ministre de la Santé à l’Assemblée nationale, et je lui ai posé directement la question : Quand est-ce que vous allez venir poser la première pierre de cet établissement ? Elle m’a répondu qu’elle ne le savait pas.
Et la Maire de rappeler : on n’est pas dans la défense d’intérêt personnel mais dans celle de l’intérêt des Saint-Paulois.
Nous nous sommes aussi exprimés sur l’affaire du VVF, dans le but de sauvegarder cette structure.
Je vous invite à travailler dans le calme, sans écouter ceux qui veulent faire la boue avant la pluie – une remarque en direction de l’opposition à propos de la décision du Conseil d’État concernant une éventuelle annulation des dernières municipales qui doit tomber dans peu de temps.
Saint-Paul doit progresser. Cette commune de plus de 22 000 ha a de nombreux retards, et nous voulons, entre autres, mettre en place un accès à la culture digne de cette grande commune, bien en retard par rapport à beaucoup d’autres : jusqu’ici, seulement 4 centimes par habitant y étaient consacrés. Un effort sur le livre oit être rapidement fait, avec la distribution et le prêt. De plus, la médiathèque actuelle ne répond plus du tout aux exigences des activités culturelles, les locaux sont obsolètes et de toute façon ne correspondent pas du tout à ce que l’on est en droit d’attendre d’une commune de plus de 100 000 habitants. Par une nouvelle médiathèque, nous voulons faire une meilleure offre culturelle, plus grande, plus riche, à l’entrée de la ville pour être mieux desservie.
Un autre retard, les logements sociaux : hier, on n’a rien fait, et pourtant 80 % de la population est éligible au logement social. Pas des petites grimaces, nous voulons des logements beaux, durables, parce que le bon marché va nous coûter cher après, avec une facture énergétique moins pesante pour les familles. Pour aller dans ce sens, il y aura la création de la ZAC Marie CASE, 756 logements sociaux avec des équipements structurants pour tout le quartier.
Nous avons des collèges dont les effectifs explosent, des enfants de la maternelle qui sont transportés en bus. Les établissements scolaires doivent être à côté des lieux de vie.
Dans le cadre de la résorption de l’habitat insalubre et de la restructuration de la Saline, qui a le plus fort pourcentage de logements insalubres, nous avons une programmation de travaux.
Nous avons aussi une opération sur le centre-ville : La SEDRE, pour divers emprunts, a besoin de la garantie de la commune. Aussi une politique d’animation pour les jeunes pendant les vacances, des loisirs sans hébergement.
Nous traiterons aussi de l’octroi de subventions aux associations.
III : Des échanges sur quelques points de l’ordre du jour :
Affaire N°1 : Dénomination de l’école élémentaire Ravine Daniel :
Christian Félicité : il est proposé que cette école prenne le nom de : « Ecole élémentaire Ravine Daniel Anne Marie SOUPAPOULLE », une femme réunionnaise qui a marqué son quartier. C’est un quartier où il n’y a aucun trottoir, aucun abribus, sans équipement, avec un « CASE » sans attrait, et un terrain de foot non homologué ; un quartier où les liens sociaux sont déstructurés. Cette femme y est née. Durant quarante ans elle va se mettre au service de ces hauts. Elle sera matrone, comme son arrière-grand-mère et quatre autres de ses tantes. Elle a eu 19 enfants dont 9 morts nés – elle dira dans un petit film présenté en séance qu’elle sauvait les enfants des autres et perdait parfois les siens. Elle offrait ses services et était parfois récompensée par un peu de « soso maïs », ou de pétrole, ou une poule ou encore un peu de sel. Aujourd’hui, à 89 ans, elle confectionne encore des tapis et des capelines. Elle est la maman et la grand-mère du quartier. Le but est en quelque sorte de renforcer les liens entre le quartier et l’école. Le conseil de l’école a, d’ailleurs adopté ce projet à l’unanimité.
Raymond Françoise intervient – sans le lyrisme de Christian Félicité, prévient-il – pour apporter quelques précisions sur les principes d’une dénomination (baptiser des rues, des sites, etc.). Concernant les écoles, il rappelle quelques noms de personnalités illustres sur bien des plans, comme Marcel Lauret à l’école de « Fonds-de-Puits ». Il rappelle aussi que le conseil d’école ne donne qu’un avis consultatif.
La députée-maire intervient : j’ai appris à lire à l’école marron. Marcel Lauret a formé des instituteurs, comment peut-on contester cette dénomination ?
Remarque : aucune précision n’a été donnée quant à cette contestation.
Cyrille Melchior, de l’opposition : Nous allons voter pour. C’est pour reconnaître l’investissement d’une femme dans son quartier.
Affaire N°2 : Réexamen de la convention de partenariat pour le développement des usages des technologies de l’information et de la communication dans les écoles de Saint-Paul entre la mairie et le Rectorat.
Raymond Françoise : il s’agit d’annuler la précédente convention qui n’a pas pu être signée par le précédent recteur avant son départ, et de présenter une nouvelle qui doit être visée par le nouveau recteur.
L’abstention de l’opposition sur ce point a provoqué une réaction de la députée-maire : Je ne comprends pas cette abstention.
Cyrille Melchior : Devant ce va-et-vient avec le Rectorat, je préfère m’abstenir.
Mme Huguette Bello : nous aussi nous regrettons ces lourdeurs administratives.
Affaire N°7 : Validation de l’avenant n°1 au marché des travaux concernant la réhabilitation du complexe sportif du collège Jules Solesse :
Des travaux supplémentaires se sont avérés indispensables afin d’assurer une bonne finition de l’opération.
Le débat ne porte pas sur les chiffres.
La députée-maire s’adressant à Cyrille Melchior : Vous dites que c’est votre œuvre ?
Cyrille Melchior, un peu désarçonné par la question : le projet avance ; c’est un beau projet. Vous avez pris la suite de ce qu’on a démarré.
Affaire N°9 : Construction d’une médiathèque à Saint-Paul :
Jocelyne Refesse : Cette structure nouvelle sera placée sur la partie sud du stade Achille Prémont, à proximité de la gare routière, de la future gare du tram-train et de l’échangeur de la route des Tamarins. Elle sera donc accessible à toutes les sections de la commune. Il s’agit aussi d’opter pour une stratégie de développement de la lecture, des médias bus, etc. C’est un pré programme qui est soumis au vote du conseil.
Emmanuel Séraphin : Cette médiathèque n’est pas le seul équipement ; un autre est prévu du côté de la Saline, en réhabilitant les locaux de l’usine. Chaque partie du territoire de la commune doit recevoir un équipement de ce type.
La députée-maire : Par des équipements de base, nous pouvons avoir par exemple tous les livres de grands auteurs. Nous devons faire un effort pour les encyclopédies, et une mise à jour de tous nos documents. S’instruire, à la télé… oui ! Mais aussi en cherchant à la bibliothèque !
Affaire N°10 : Participation de la mairie de Saint-Paul à la Journée Mondiale de l’Océan – Edition 2 009 :
Dans le cadre de sa candidature au label environnemental « Pavillon Bleu d’Europe », la commune doit mener 5 actions de sensibilisation et d’éducation à l’environnement au cours de l’année. Elle en a déjà mené 2 et participera à la Journée mondiale de l’Océan du 8 au 14 juin.
À la demande de Cyrille Melchior concernant les deux opérations précédentes, les réponses ont été évasives.
Jean Erpeldinger, des Verts : on vous confirmera le planning du pavillon bleu.
Cyrille Melchior : Que les écoles des Hauts soient pleinement associées à ces activités de mer, beaucoup d’enfants ne savent pas nager.
Raymond Françoise : Dans toutes les actions on associe les écoles des 6 bassins de vie. Les écoles sont toujours intégrées dans le dispositif.
Emmanuel Séraphin : dans notre équipe il y a beaucoup d’élus des Hauts, et ils s’en préoccupent…et puis, ce n’est pas en une journée qu’on apprend à nager !
La députée-maire, s’adressant à Cyrille Melchior : nous comptons sur vous pour interpeller l’UMP pour des postes sportifs.
Cyrille Melchior : pour ce qui est d’apprendre à nager, j’ai dit que chaque occasion ne doit pas être ratée. Pour ce qui est du gouvernement, chacun à sa place doit interpeller pour défendre l’intérêt général.
La députée-maire : À la place où je suis, je défends l’intérêt général. En ce qui concerne l’éducation physique, 300 postes n’ont pas été remplacés. Il y a de moins en moins de postes. La suppression de postes n’est pas une bonne chose. S’inscrire dans des clubs, c’est cher ; l’école ne remplit plus son rôle ; tout dégringole.
Affaire N°14 : Principe de rétrocession d’une partie de terrain à la Saline :
Il s’agit de 41m2 n’ayant pas d’utilité publique et qui font partie d’une parcelle que les propriétaires ont cédée à la commune en 2 006 pour un euro symbolique. Ces propriétaires veulent récupérer ces 41 m2, et il leur est proposé un prix de 150 € le m2, prix fixé par les services fiscaux – et ils ont donné leur accord.
Cyrille Melchior : Sur le fond, ça me choque ; ils rachètent ce qu’ils ont donné pour un euro symbolique.
La députée-maire : en arrivant dans cette commune, il y a beaucoup de choses qui m’ont choquée.
Affaire N°16 : Mise en place de la concertation en vue de la création de la ZAC « Marie CASE » :
Pour permettre la satisfaction des besoins en logements et en équipements une opération d’aménagement d’ensemble comprenant un programme de constructions (750 logements dont une grande partie de logements aidés) est lancée par la création de la ZAC « Marie Case » à la Plaine Saint-Paul. Cette opération passe par l’obligation de concertation avec le public, pendant toute la durée de l’élaboration du projet. Le terrain concerné appartient principalement à CBo Territoria et à M. Armand Tropina. Sur les 29,75 ha de l’implantation, 9,16 ha sont en zone non bâtie et 20,59 ha en zone urbanisable. Un registre d’observation sera placé à la mairie annexe de la Plaine pendant un mois. Une réunion publique d’information sera organisée pendant la durée de la concertation préalable.
Cyrille Melchior : Je veux vraiment que certaines précautions soient prises concernant la protection de l’environnement.
La députée-maire : lorsque l’on voit les agressions à l’environnement faites par le passé…je ne veux pas accepter de leçons de votre part – ce qui a déclenché un grand rire sarcastique de Rahiba Dubois, des Verts.
Jean Erpeldinger : c’est une opération qui va contre l’étalement urbain.
Emmanuel Séraphin : Ce quartier est une succession de lotissements avec aucun aménagement global, sans souci de relier les bassins de vie. Il y a tous les jours des embouteillages. On a travaillé avec le département ; on travaille sur la liaison RD2-RD4 pour désengorger ce quartier de façon à lutter contre le coma circulatoire. Demain, des familles modestes pourront y habiter. Tout un travail que nous faisons avec les promoteurs.
Remarque : C’est une opération qu’il faudra, bien entendu, éclairer, sur plusieurs plans : La qualité du partenariat commune de Saint-Paul - CBo Territoria (cf. la convention ZAC) ; les priorités d’investissements dans le bassin de vie La Plaine - Bois de Nèfles et donc le calendrier des opérations. Sans compter la préservation d’un patrimoine environnemental : la petite forêt de tamarins.